Nature remarquable
Zwanenwater près de Callantsoog
Derrière les dunes au sud de Callantsoog se trouve le Zwanenwater, paysage presque intact comprenant deux grands lacs dunaires naturels, de vastes roselières et marais, des vallées humides, des landes et du sable ouvert. Spatules, cormorans et oiseaux des marais utilisent les lacs et leurs rives pour nicher et se nourrir. En mai et juin, des milliers d’orchidées colorent certaines vallées de rose et de violet. La parnassie et les bruyères fleurissent plus tard, tandis que de grands groupes de canards se reposent sur l’eau en automne et en hiver.

Pourquoi y aller ?
Le Zwanenwater montre comment un paysage complet d’eau douce peut se cacher derrière une étroite bande littorale. Deux grands lacs sont entourés de roseaux, de marais à marisque, de vallées riches en orchidées, de landes et de dunes sèches. Sentiers, points de vue et observatoires permettent de voir eaux libres, colonies nicheuses et dépressions fleuries sans pénétrer dans les secteurs les plus fragiles. Un billet d’entrée est requis, mais aucun guide n’est nécessaire.
Que voit-on ?
Le Eerste Water et le Tweede Water se trouvent entre de vastes roselières, des marais à marisque, des fourrés de saules et des prairies humides. Plus haut se succèdent landes dunaires, pelouses, sable ouvert et petits bois. Les observatoires permettent de suivre oiseaux d’eau, cormorans et parfois spatules. Au printemps se remarquent orchidées et gorgebleues chanteuses, puis viennent la parnassie et les bruyères. Les itinéraires peuvent être humides ou sableux et ne traversent pas toutes les zones fragiles.
Que voir selon la saison ?
Choisissez un mois pour voir quelles espèces, plantes ou champignons sont alors les plus probables.
Orchis à larges feuilles et orchis négligé
En mai et juin, des milliers d’orchidées roses, violettes et pourpres peuvent colorer les vallées humides fauchées. La floraison exacte dépend du niveau de l’eau, de la température et de la gestion.
Parnassie des marais
Les fleurs blanches finement veinées apparaissent plus tard que la plupart des orchidées. La parnassie pousse surtout dans les lieux humides et pauvres alimentés par des eaux souterraines propres.
Bruyère à quatre angles et camarine noire
En été et à la fin de l’été, certaines anciennes dunes acides deviennent violettes. La bruyère à quatre angles préfère les sols humides, tandis que la camarine couvre aussi les dunes plus sèches.
Spatule blanche
Les spatules peuvent nicher ou se reposer sur les îlots et les rives calmes. Dans l’eau peu profonde, elles balaient leur bec aplati pour capturer petits poissons et animaux aquatiques.
Grand cormoran
Les cormorans sont présents sur les lacs et leurs abords presque toute l’année. Au printemps se remarquent surtout les nids, les oiseaux en vol et ceux qui sèchent leurs ailes déployées.
Gorgebleue à miroir
À partir d’avril, les mâles chantent depuis les roseaux, les saules bas et les fourrés marécageux. L’oiseau s’entend souvent avant de se montrer brièvement au sommet d’une tige.
Butor étoilé
Le butor reste presque toujours caché dans les grandes roselières. Au printemps, son cri nuptial grave peut porter au-dessus de l’eau. En apercevoir un en vol reste une chance.
Panure à moustaches
Les panures se déplacent bas et avec agilité dans les roselières. Leurs appels métalliques révèlent souvent un petit groupe avant que les oiseaux ne deviennent visibles.
Canard siffleur et canard souchet
Dès la fin de l’été et surtout en automne et en hiver, les canards se rassemblent sur les lacs. Les siffleurs se reposent en groupes, tandis que les souchets filtrent leur nourriture avec leur large bec.
Harle bièvre
Les harles bièvres peuvent apparaître sur les lacs surtout pendant les périodes froides. Ces canards élancés plongent activement à la recherche de poissons.
Crapaud calamite
Lors des soirées douces, un long chant roulant peut s’élever des mares peu profondes des vallées humides. Les crapauds restent généralement cachés dans la végétation basse et le sable.
Lézard des souches
Les lézards des souches se chauffent sur les pentes dunaires ensoleillées et près du sable ouvert. Observez surtout les transitions entre végétation basse et sol nu.
Pourquoi ce lieu compte
Le Zwanenwater compte parmi les paysages dunaires continentaux les mieux conservés des Pays-Bas. Comme il n’a jamais servi au captage d’eau potable, les niveaux d’eau naturels et les transitions entre lacs, marais, vallées humides, landes et dunes sèches sont restés relativement intacts. Cet ensemble accueille des plantes rares, des oiseaux nicheurs et migrateurs, des amphibiens, des reptiles et des insectes. L’étendue de ses végétations dunaires humides et pauvres en nutriments est particulièrement exceptionnelle.
La grande histoire
Le Zwanenwater se trouve derrière le cordon dunaire au sud de Callantsoog. Depuis la côte, il est difficile d’imaginer que deux grands lacs d’eau douce se cachent entre les dunes. Le Eerste Water et le Tweede Water forment le cœur d’un paysage composé de roselières marécageuses, de vallées dunaires humides, de landes, de prairies, de sable ouvert et de petits bois. La mer du Nord est proche, mais la pluie et les eaux souterraines façonnent le secteur.
Le paysage actuel résulte de plusieurs siècles de tempêtes, d’érosion et de reconstitution du littoral. À la fin du Moyen Âge, l’ancien cordon dunaire était fortement interrompu et le bras de mer de la Zijpe pénétrait loin dans les terres. Après la forte tempête de 1553, la digue maritime de la Zijpe fut construite. De nouvelles rangées de dunes se formèrent ensuite du côté de la mer. L’eau resta piégée entre elles et créa d’abord un lac dunaire allongé.
Le sable transporté par le vent resserra ensuite ce lac en plusieurs endroits. Le Eerste Water et le Tweede Water apparurent ainsi. Autour des lacs peu profonds se développèrent de vastes roselières, des marais à marisque, des fourrés de saules et des prairies humides. Plus loin de l’eau se trouvent vallées humides, landes pauvres en calcaire, pelouses dunaires sèches et sable ouvert. Des habitats très différents se succèdent donc sur de courtes distances.
Une différence importante avec de nombreux autres massifs dunaires continentaux est que le Zwanenwater n’a jamais servi au captage d’eau potable. Ailleurs, prélèvements et infiltration artificielle ont profondément modifié l’hydrologie. Ici, les fluctuations naturelles de la pluie et des eaux souterraines sont restées beaucoup mieux préservées. Les vallées humides et les végétations pauvres en nutriments ont ainsi pu subsister sur de grandes surfaces.
Les deux lacs comptent parmi les plus grands lacs dunaires naturels d’Europe occidentale. Leurs rives sont bordées de roseaux, de grandes laîches, de marisque et de saules. La marisque forme des peuplements denses aux feuilles hautes et coupantes. Gorgebleue, phragmite des joncs, panure à moustaches, râle d’eau et butor vivent entre roselières et marais. Les busards chassent bas au-dessus de la végétation. Les cormorans nichent en colonies, tandis que les spatules recherchent petits poissons et animaux aquatiques dans les eaux peu profondes.
Hors de la période de reproduction, les lacs deviennent des lieux de repos pour les canards. Canards siffleurs, souchets, chipeaux et fuligules morillons se rassemblent sur l’eau libre. Des harles bièvres peuvent apparaître pendant les périodes froides. D’autres oiseaux d’eau utilisent également le secteur comme halte lors des migrations le long de la proche côte de la mer du Nord.
Les vallées dunaires humides sont au moins aussi remarquables que les lacs. En mai et juin, orchis à larges feuilles et orchis négligés peuvent fleurir par milliers. La parnassie et d’autres plantes liées à des eaux souterraines propres et pauvres en nutriments suivent plus tard. Bruyère à quatre angles, camarine noire et sphaignes poussent dans les secteurs plus acides et décalcifiés. Quelques centimètres de différence d’altitude peuvent déterminer la durée d’humidité et les espèces présentes.
Sans gestion, les vallées ouvertes et les landes se couvriraient progressivement de hautes herbes, d’arbustes et d’arbres. Certaines parties sont donc fauchées, pâturées ou décapées. Les produits de fauche sont évacués afin de maintenir le sol pauvre, et le sable reçoit de nouveau de l’espace pour bouger dans quelques zones. La gestion cherche à conserver la diversité plutôt qu’à ouvrir tout le paysage.
Le sable ouvert et les mares temporaires sont également précieux. Les lézards des souches se chauffent sur les transitions ensoleillées entre sol nu et végétation basse. Les crapauds calamites utilisent les eaux peu profondes des vallées et font entendre leur chant roulant lors des douces soirées de printemps. Libellules, papillons, abeilles et syrphes profitent de la combinaison d’eau, d’abri et de pelouses fleuries.
Les sentiers restent volontairement à distance des sites végétaux les plus fragiles et des colonies nicheuses. Les observatoires et points de vue permettent de regarder les lacs sans déranger continuellement les oiseaux au repos. Un billet d’entrée est requis. Aucun guide n’est nécessaire, mais de bonnes chaussures sont recommandées, car certaines portions peuvent être humides, meubles ou irrégulières.
Le paysage change fortement au fil des saisons. Au début du printemps dominent roseaux pâles, eaux libres et dunes nues. Mai et juin apportent orchidées et chants d’oiseaux. La parnassie fleurit plus tard en été et certaines landes deviennent violettes en août. En automne et en hiver, les lacs prennent une importance croissante pour les canards et autres hivernants.
Depuis les dunes les plus hautes apparaît toute la structure. La mer du Nord se trouve à l’ouest et le polder à l’est. Entre les deux se succèdent sable ouvert, landes, vallées humides, roselières et surfaces sombres des lacs. Ces courtes distances permettent aux spatules, orchidées, crapauds calamites et lézards de vivre dans un même espace naturel.
Le Zwanenwater est donc plus que deux beaux lacs. Les roselières racontent l’atterrissement, les orchidées révèlent les eaux souterraines propres, les landes marquent les anciennes dunes décalcifiées et le sable ouvert témoigne d’un renouvellement continu. Ensemble, ils forment un rare paysage d’eau douce derrière les dunes côtières.
Pour aller plus loin
- ZwanenwaterNatuurmonumenten
- Zwanenwater & PettemerduinenNatura 2000
- Natura 2000-beheerplan Zwanenwater & PettemerduinenProvincie Noord-Holland
- Samenvatting beheerplan Zwanenwater en de PettemerduinenProvincie Noord-Holland
- Natuurdoelanalyse Zwanenwater en PettemerduinenProvincie Noord-Holland