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Lieux disparus

Le château disparu de Kronenburg près de Castricum

Le château de Kronenburg se dressait autrefois dans les prairies au sud-est de Castricum. C’était une forteresse entourée d’eau, presque carrée, avec des tours, des douves et une basse-cour distincte. Sa destruction et son lent déclin l’ont si complètement effacé que seuls de faibles reliefs, d’anciens fossés et des fondations enfouies subsistent. La ferme voisine en conserve le nom et fut en partie construite avec des briques probablement récupérées dans les ruines.

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Dessin de 1730 représentant les derniers vestiges du château de Kronenburg près de Castricum
En 1730, Abraham Rademaker dessina les dernières maçonneries encore debout de Kronenburg. Le fragment de tour isolé et le faible amas de débris montrent à quel point le château avait déjà disparu du paysage.Source: Image : Abraham Rademaker, Noord-Hollands Archief, via Wikimedia Commons, CC0Modifications: Aucune modification.

Pourquoi y aller ?

Kronenburg montre comment un important château de pierre peut presque entièrement disparaître dans un paysage agricole. Aucune ruine dressée ne permet d’identifier immédiatement le lieu. Le faible relief de la prairie, les fossés courbes, les vestiges des anciennes douves et la ferme isolée doivent être observés ensemble. Sous l’herbe repose le tracé d’un château qui domina autrefois les terres environnantes avant d’être démonté pierre après pierre.

Que voit-on ?

Le terrain ouvert autour de la ferme Cronenburg occupe une crête sableuse surélevée dans l’ancien estuaire de l’Oer-IJ. Aucun mur du château ne s’élève encore au-dessus de l’herbe. Certaines parties du réseau de douves restent toutefois perceptibles dans les fossés, les pentes douces et les faibles différences de niveau. Le château tardif se trouvait au nord-est de la ferme. Plus près de la Cronenburgervaart se situe un second terrain surélevé qui pourrait avoir porté l’ancienne Maison de Castricum.

Pourquoi ce lieu compte

Kronenburg montre que même un château important peut presque entièrement disparaître du paysage. Ses murs furent démontés et réutilisés, mais les douves, les différences de niveau et les fondations enfouies ont subsisté. Le lieu relie l’histoire du pouvoir médiéval en Kennemerland à l’ancien paysage habité de l’Oer-IJ et révèle toute l’histoire qui peut rester cachée sous des prairies apparemment ordinaires.

La grande histoire

Au sud-est de Castricum, une ancienne ferme appelée Cronenburg se dresse parmi les prairies et les fossés de drainage. Le bâtiment reste isolé dans un paysage ouvert, et rien dans ce cadre paisible ne laisse immédiatement deviner qu’un château médiéval occupait autrefois cet endroit. Il ne subsiste ni tour, ni porte, ni mur érodé. Le lieu n’est pourtant pas vide. Des fondations reposent sous l’herbe et d’anciens cours d’eau dessinent encore certaines parties du réseau de douves.

L’histoire commence probablement avec la Maison de Castricum. Dans la seconde moitié du XIIIe siècle, Simon van Haerlem fit construire ici une résidence fortifiée. L’emplacement avait été soigneusement choisi. Le terrain occupe une crête sableuse surélevée dans l’ancien delta intérieur de l’Oer-IJ, entourée de terres plus basses et plus humides. Des routes et des voies navigables le reliaient à Castricum, Heemskerk, Uitgeest et aux territoires situés en direction d’Alkmaar. Une maison forte pouvait servir de résidence aristocratique tout en permettant de surveiller les terres, les déplacements et l’eau.

La Maison de Castricum fut probablement gravement endommagée pendant les guerres des Hameçons et des Cabillauds, à la fin du XIVe ou au début du XVe siècle. Des recherches archéologiques ont révélé une maçonnerie datée approximativement de 1400 à 1450, indiquant une reconstruction. Le nom Cronenborch apparaît pour la première fois dans un acte féodal de 1441, lorsque Willem van Cronenburg reçut en fief les maisons et terres appartenant au domaine. L’ancien nom Maison de Castricum céda progressivement la place à Kronenburg, dérivé de celui de la famille détentrice du bien.

Le château reconstruit se trouvait légèrement au sud-ouest de la probable maison antérieure. Son plan presque rectangulaire mesurait environ 32 mètres sur 29. Des douves et des levées entouraient l’ensemble. Deux tours rondes et une tour carrée occupaient probablement les angles, tandis que des pièces d’habitation longeaient le mur nord-est. Une basse-cour comprenant dépendances, cours et accès reliait le bâtiment principal défendable aux terres agricoles environnantes.

L’apparence exacte de Kronenburg lorsqu’il était entièrement occupé reste incertaine. Un dessin du XVIIIe siècle réalisé par Abraham Rademaker montre un château important avec de hautes ailes résidentielles, des tours, une avant-cour fortifiée et une entrée monumentale. L’image fut toutefois réalisée d’après une représentation plus ancienne, alors que le bâtiment avait déjà presque entièrement disparu. Elle ne constitue donc pas un relevé totalement fiable, mais elle conserve l’image que les générations ultérieures se faisaient du château.

La fin de Kronenburg ne peut pas davantage être rattachée à une seule date incontestable. On suppose souvent que les troupes espagnoles détruisirent le château en 1573 pendant la guerre de Quatre-Vingts Ans. D’autres indices suggèrent qu’il était peut-être déjà largement abandonné ou démantelé avant le milieu du XVIe siècle. Il est certain qu’il ne fut pas reconstruit. Les murs inhabités se dégradèrent, les matériaux utilisables furent emportés et le terrain retrouva une fonction agricole.

Au XVIIe siècle, Kronenburg était déjà en ruine. Des descriptions écrites mentionnent des murs brisés et dégradés sur un terrain surélevé. En 1727 ne subsistaient qu’un monticule de gravats et une maçonnerie basse provenant d’une tour effondrée. Le propriétaire Lieve Geelvinck fit examiner les vestiges l’année suivante. Le géomètre Johannes Rollerus dégagea certaines parties des fondations et releva les murs extérieurs. Son plan montre un château compact, presque carré, composé de sections de murs courbes et droites à l’intérieur d’une enceinte entourée d’eau.

Les dessins de la même période révèlent combien peu de maçonnerie restait debout. En 1730, Abraham Rademaker représenta un fragment de tour solitaire près de bâtiments bas, d’arbres et d’un amas de débris. Vers 1740, seul un mur d’environ un mètre de haut était encore visible. Au XIXe siècle, même ces dernières pierres avaient disparu. La ruine abandonna ses matériaux réutilisables et se fondit dans les prairies, les fossés et la cour de la ferme.

La ferme Cronenburg reprit le nom du château. Le bâtiment principal actuel date approximativement de la fin du XVIIe siècle et contient peut-être des briques récupérées dans les ruines. D’anciennes caves voûtées et des éléments de construction inhabituels ont longtemps alimenté l’idée que certaines parties d’un bâtiment secondaire furent intégrées à la ferme. Tous ces liens ne peuvent être démontrés sans fouilles, mais la ferme reste le dernier porteur visible du nom historique.

Les recherches menées au XXe siècle ont montré combien de vestiges subsistent sous la surface. Des mesures de résistivité électrique et magnétique ont révélé les contours des fondations et des douves sans ouvrir tout le terrain. À l’intérieur des douves connues, les lignes mesurées correspondaient au plan dessiné par Rollerus en 1728. Une seconde zone bâtie fut détectée plus près de la Cronenburgervaart. Elle pourrait signaler l’emplacement de l’ancienne Maison de Castricum qui précéda Kronenburg.

Le secteur fut protégé en raison de ses valeurs géologiques et archéologiques. Les châteaux médiévaux ne sont pas les seuls vestiges cachés ici. La crête sableuse renferme aussi des traces d’occupation datant de la fin de l’âge du Fer, de la période romaine et des siècles suivants. Le sol ne constitue donc pas seulement le site d’un château disparu, mais une archive stratifiée d’une longue occupation humaine dans le paysage de l’Oer-IJ. Afin de préserver ces vestiges, les perturbations du terrain sont limitées autant que possible.

La forteresse disparue se reconnaît surtout en observant la forme du terrain. Il faut suivre les fossés autour de la prairie surélevée, remarquer les faibles pentes et replacer la ferme non pas au milieu d’un champ vide, mais au bord d’un ancien complexe castral. Là où paissent aujourd’hui les vaches se trouvaient autrefois des douves, des murs, des cours et des tours. Kronenburg disparut pierre après pierre au-dessus du sol, mais son contour demeure sous la forme d’un relief à peine perceptible.

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