Le canal Noordhollandsch vu depuis le pont flottant de Koedijk

Les Pays-Bas et l’eau

Le canal Noordhollandsch

Une voie navigable du XIXe siècle longue de près de quatre-vingts kilomètres entre Amsterdam et Den Helder, aménagée pour offrir aux grands navires de mer un itinéraire fiable.

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Photo: A.J. van der Wal

Crédit: Photo : A.J. van der Wal / Rijksdienst voor het Cultureel Erfgoed, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

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Pourquoi venir ici ?

À Koedijk, on découvre bien davantage qu’une large voie d’eau. Le pont flottant, le chemin de halage et la longue perspective du canal forment ensemble un paysage de transport du XIXe siècle presque complet. Ici, navigation et circulation terrestre se rencontraient littéralement.

Que voit-on ?

Le canal est large, remarquablement droit et offre de longues perspectives. Le pont flottant de Koedijk se déplace latéralement lorsqu’un bateau passe. Ce type de pont maintenait la voie navigable libre tout en permettant aux habitants et aux voyageurs de traverser le canal.

Pourquoi ce lieu est-il particulier ?

Le canal Noordhollandsch a transformé les transports, le commerce et la gestion de l’eau en Hollande-Septentrionale. Il offrit à Amsterdam, via Den Helder, une liaison maritime plus fiable avec la mer du Nord tout en traversant villages, polders et anciens itinéraires. Le canal montre comment un seul projet d’infrastructure pouvait réorganiser tout un paysage.

L’histoire de ce lieu

Une ville portuaire qui s’enlisait

Aujourd’hui, lorsque l’on longe le canal Noordhollandsch à vélo, on rencontre surtout le calme. De l’eau, des roseaux, une longue route au bord de la rive et, de temps à autre, un pont qui glisse lentement sur le côté pour laisser passer un bateau. Au XIXe siècle, pourtant, ce n’était pas une lisière silencieuse de la Hollande-Septentrionale. C’était un axe de transport animé par le bruit des sabots, les cordages tendus, les cris venus des navires et tous ceux qui vivaient du lent trajet entre Den Helder et Amsterdam.

Amsterdam vivait de la mer, mais cette liaison devenait précisément de plus en plus difficile. Les grands navires ne pouvaient plus atteindre facilement la ville. La Zuiderzee était peu profonde, les chenaux s’ensablaient et les capitaines dépendaient du vent, des marées et de conditions favorables. Les bateaux devaient parfois attendre plusieurs jours. Il arrivait aussi qu’une partie de la cargaison soit transférée sur de plus petites embarcations avant de poursuivre vers Amsterdam.

Pour les marchands, cela signifiait retards et pertes. Pour la ville, cela menaçait sa position. Le roi Guillaume Ier voulait changer cette situation. Il considérait routes, canaux et ports comme des moyens de renforcer l’économie néerlandaise. L’ingénieur Jan Blanken reçut donc la mission de concevoir une nouvelle voie de navigation entre le port profond de Den Helder et Amsterdam.

Un canal à travers un paysage existant

Le canal ne fut pas entièrement creusé comme une ligne nouvelle dans le paysage. Des canaux, lacs et cours d’eau existants furent reliés, élargis et approfondis. Le projet transforma néanmoins profondément de vastes secteurs de la Hollande-Septentrionale. Des ponts apparurent là où le canal coupait des routes et des liaisons entre villages. Les digues furent renforcées là où le canal traversait des terres basses. Un chemin de halage destiné au remorquage des bateaux fut également aménagé sur presque tout le parcours.

Des amas d’argile humide et de tourbe bordaient le futur canal. Des hommes creusaient à la pelle et transportaient la terre à la brouette, tandis que les déblais étaient utilisés pour former de nouvelles berges et digues. Le canal ne fut donc pas seulement l’œuvre d’ingénieurs et d’administrateurs, mais surtout le résultat de milliers de journées de travail physique intense.

Chevaux et hommes au bout du cordage

Une fois le canal ouvert, les navires ne rejoignaient pas Amsterdam par leurs propres moyens. La voie d’eau était suffisamment étroite et sinueuse pour rendre la navigation à voile peu pratique. Le vent ne venait pas toujours de la bonne direction et les hauts mâts posaient problème aux ponts et dans les courbes. De nombreux bateaux étaient donc tirés depuis le chemin de halage.

Le long de la rive, les chevaux avançaient à un rythme régulier. Un long cordage reliait le navire aux animaux sur le chemin. Plusieurs chevaux étaient nécessaires pour les grands navires. Ils tiraient durant des heures, tandis que mariniers et matelots veillaient à ce que la corde ne s’accroche pas derrière des poteaux, des arbres ou des éléments de pont. Dans les courbes, il fallait empêcher la ligne de frotter contre la rive ou de heurter d’autres usagers.

Tout un réseau de métiers se développa ainsi autour de la navigation. Le canal faisait vivre non seulement les mariniers, mais aussi les propriétaires de chevaux, les aubergistes, les gardiens de pont et les manutentionnaires.

Tous les bateaux ne pouvaient pas être halés par des chevaux. De petites embarcations et de courts tronçons étaient parfois halés par des hommes. Une corde passée sur l’épaule ou la poitrine, ils avançaient courbés au bord de l’eau. Mètre après mètre, ils faisaient progresser le bateau. Dès qu’un haleur ralentissait, il sentait directement le poids du navire dans la corde tendue.

À mesure que les haleurs progressaient sur la rive, il fallait à chaque pont coordonner à nouveau le navire, la corde et la circulation terrestre. Les ponts flottants glissaient latéralement sur l’eau. Les voyageurs devaient attendre, les mariniers ralentir et les haleurs empêcher le cordage de se coincer.

Un grand ouvrage au rôle majeur mais éphémère

Lors de son ouverture en 1824, le canal fut considéré comme une nouvelle liaison impressionnante. Les grands navires de mer pouvaient désormais rejoindre Amsterdam depuis Den Helder en traversant toute la Hollande-Septentrionale. Mais la navigation évolua bientôt plus vite que le canal. Les bateaux devinrent plus grands, plus profonds et plus lourds. L’itinéraire restait long et coûteux, tandis que l’étroitesse de la voie d’eau limitait les navires pouvant l’emprunter.

L’ouverture du Noordzeekanaal en 1876 donna à Amsterdam une liaison beaucoup plus directe avec la mer. Le canal Noordhollandsch perdit ainsi son rôle principal. Il resta néanmoins utilisé pour la navigation régionale, la gestion de l’eau et, plus tard, les loisirs.

Ce qui subsiste encore au bord de l’eau

Aujourd’hui, au bord du canal à Koedijk, on ne voit plus de chevaux avancer en rythme le long de la rive. On n’entend plus les matelots crier pour dégager une corde et aucun aubergiste n’attend avec un nouvel attelage.

Le pont bouge toujours pour les bateaux de passage. Le chemin de halage longe encore l’eau et la longue perspective laisse deviner jusqu’où se poursuivait autrefois le voyage. Seuls ceux qui halaient les navires manquent désormais : les chevaux et les haleurs.

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