Paysage ouvert de prairies tourbeuses avec fossés et roselières dans l’Eilandspolder

Nature remarquable

Eilandspolder

Entre De Rijp, Schermerhorn, Grootschermer et Noordeinde s’étend l’Eilandspolder, ancien paysage de bas-marais composé de prairies étroites, de fossés, de roselières et de petits lacs. L’ancienne île tourbeuse se trouve plus haut que les profonds polders de la Schermer et de la Beemster. Au printemps, barges à queue noire et vanneaux crient au-dessus des prés ; en hiver, des milliers de canards siffleurs se reposent sur l’eau et les herbages humides. Entre les parcelles subsistent de rares roselières à sphaignes et tourbières flottantes où l’eau libre devient lentement de la tourbe.

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Pourquoi venir ici ?

L’Eilandspolder conserve un paysage tourbeux qui a largement disparu ailleurs sous l’effet du drainage, de la construction et de l’intensification agricole. Depuis les digues et les routes des villages, les parcelles étroites, les fossés et les roselières sont bien visibles, mais un canoë ou une petite embarcation révèle la finesse réelle du maillage. Oiseaux de prairie, oiseaux d’eau hivernants et milieux fragiles liés à l’atterrissement se côtoient dans un même ancien paysage culturel. Une visite autonome est possible ; l’eau offre l’expérience la plus complète.

Que voyez-vous ?

Un paysage ouvert de prairies tourbeuses avec longues parcelles étroites, réseau dense de fossés, roselières, étangs et anciennes fosses d’extraction. Au printemps, barges à queue noire et vanneaux survolent les prés en criant. En hiver, canards siffleurs, sarcelles, foulques et oies occupent l’eau et les herbages humides. Des tremblants et roselières à sphaignes se trouvent entre les prairies. Fermes, moulins et clochers à l’horizon montrent l’imbrication de la nature, de l’habitat humain et de la gestion de l’eau.

Pourquoi ce lieu est-il particulier ?

L’Eilandspolder est importante parce qu’un paysage presque complet de bas-marais de Hollande-Septentrionale y a été conservé. Les prairies humides offrent des sites de nidification et d’alimentation aux oiseaux de prairie, tandis que fossés et étangs accueillent poissons, amphibiens et oiseaux d’eau. Les roselières à sphaignes et les tremblants montrent comment l’eau libre se transforme lentement en tourbe par l’intermédiaire de tapis végétaux flottants. Le campagnol nordique profite également de ce paysage humide isolé par l’eau. Niveaux d’eau, fauche et qualité de l’eau déterminent la survie du système.

L’histoire de ce lieu

Un ancien îlot tourbeux entre de profonds polders

L’Eilandspolder se trouve entre les profonds polders de la Schermer et de la Beemster. Depuis les digues basses, le secteur paraît presque plat, mais l’ancienne île tourbeuse se situe plus haut que les terres asséchées qui l’entourent. Prairies étroites, fossés, roselières et petits plans d’eau s’étendent jusqu’à l’horizon. Le nom rappelle l’époque où le Schermereiland se trouvait entre de grands lacs et des eaux libres.

La tourbe forme la base du paysage. Pendant des siècles, des plantes ont poussé dans des conditions détrempées et leurs restes ont formé des couches de plus en plus épaisses. À partir du Moyen Âge, les habitants ont creusé des fossés pour évacuer l’eau. De longues parcelles étroites destinées au pâturage et au foin sont ainsi apparues. Le dessin de cette mise en valeur reste clairement visible.

Le drainage a rendu l’agriculture possible, mais il a aussi provoqué l’affaissement du sol. Lorsque la tourbe sèche, elle se compacte et se décompose au contact de l’air. Les terres se sont donc abaissées et ont dû être continuellement drainées. Moulins, écluses puis stations de pompage ont maintenu les niveaux. L’Eilandspolder n’est pas devenue une terre sèche, mais un équilibre artificiellement entretenu entre trop et trop peu d’eau.

Oiseaux de prairie et visiteurs hivernaux

Ce caractère humide est important pour les oiseaux de prairie. Au printemps, barges à queue noire, vanneaux et huîtriers reviennent dans les prés ouverts. Ils ont besoin de parcelles humides et riches en plantes où vers et insectes restent accessibles. Le calme, la fauche tardive et des niveaux d’eau suffisants sont particulièrement importants pour les poussins.

Après l’été, l’avifaune change. Pluviers dorés et autres migrateurs utilisent les prairies comme halte. En hiver, des milliers de canards siffleurs peuvent se rassembler sur les étangs, les larges fossés et les herbages humides. Sarcelles, foulques et oies les rejoignent. Le paysage ouvert n’est alors pas silencieux, mais rempli de groupes qui crient et s’envolent.

Là où l’eau redevient peu à peu tourbe

Entre les prairies se trouvent des étangs, de larges voies d’eau et d’anciennes fosses d’extraction. Le long des rives abritées, l’eau libre commence lentement à se couvrir. Des tapis racinaires flottants et des plantes aquatiques apparaissent d’abord, suivis des roseaux, laîches, fougères et sphaignes. Une végétation d’atterrissement se forme ainsi sur un nouveau sol encore souple, flottant et mobile.

La roselière à sphaignes est l’un des stades les plus fragiles de cette évolution. Les sphaignes retiennent l’eau de pluie et créent des conditions acides et pauvres en nutriments. Fougères, orchidées, laîches et mousses particulières peuvent y pousser, alors qu’elles ont peu de chances dans les prairies ordinaires. Sans gestion, la roselière ouverte évolue toutefois progressivement vers des fourrés et du bois.

Roseaux et hautes herbes sont donc fauchés et exportés, tandis que les jeunes arbres et arbustes sont supprimés. Une couche de sol riche est retirée par endroits. Ces interventions sont nécessaires, car l’azote et les eaux riches en nutriments favorisent les plantes à croissance rapide. Lorsque ronces, arbustes et hauts roseaux dominent, les espèces basses et lentes des tremblants et des roselières à sphaignes disparaissent.

Les fossés constituent eux-mêmes un vaste habitat. Bouvières et loches vivent dans les eaux calmes riches en végétation. Les bouvières dépendent de grandes moules d’eau douce dans lesquelles elles déposent leurs œufs. Une eau claire, suffisamment de plantes aquatiques et un entretien prudent sont donc aussi importants que la gestion des prairies.

Le campagnol nordique profite également de ce paysage d’îlots humides. Il vit caché dans les roselières, les berges couvertes de végétation et les prairies mouillées. L’eau tient souvent les espèces concurrentes plus efficacement à distance. Lorsque les bandes de roseaux s’assèchent ou que les îlots sont reliés à des terres sèches, le campagnol perd cet avantage.

Un paysage qui doit vivre avec l’eau

Agriculture et gestion de la nature sont étroitement liées dans l’Eilandspolder. Fauche et pâturage maintiennent le paysage ouvert, tandis que les oiseaux de prairie ont aussi besoin de tranquillité et d’une fauche retardée. Certaines parcelles meubles ne sont accessibles qu’en bateau et les machines lourdes peuvent difficilement y circuler. Les pratiques traditionnelles restent ainsi, par endroits, compatibles avec les exigences écologiques.

Depuis les routes et les digues de Noordeinde, Grootschermer, Schermerhorn et De Rijp, le parcellaire ancien est bien visible. Sa structure apparaît pleinement depuis l’eau. Un canoë ou une petite embarcation passe entre roselières, ponts bas et parcelles allongées. Fermes et clochers restent visibles au-dessus du terrain plat.

L’avenir du secteur dépend de l’eau. Des niveaux plus élevés ralentissent la décomposition de la tourbe et l’affaissement, mais peuvent compliquer l’agriculture. Des niveaux plus bas facilitent le travail du sol, mais accélèrent le dessèchement et l’oxydation. Les eaux riches en nutriments et l’azote exercent également une pression sur les végétations fragiles. La gestion exige donc une recherche permanente d’équilibre.

L’Eilandspolder n’est ni une nature intacte ni un simple polder agricole. Ses fossés ont été creusés, ses parcelles façonnées et ses niveaux d’eau artificiellement réglés. Pourtant, des siècles de vie avec l’eau ont créé un paysage où oiseaux de prairie, oiseaux d’eau, poissons, sphaignes et petits mammifères peuvent coexister.

Chaque fossé, chaque roselière et chaque étroite bande de prairie appartient au même système. La barge à queue noire crie au-dessus des terres, le phragmite des joncs chante dans les roseaux et la loche se déplace sous l’eau. L’ancienne île tourbeuse reste vivante parce que la terre et l’eau n’y sont jamais complètement séparées.

Que voir et quand ?

Les mois indiquent quand une observation est la plus probable. La nature reste imprévisible.

Barge à queue noire

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Les barges à queue noire reviennent dans les prairies humides à partir de mars. Leurs cris, vols nuptiaux et comportements d’alarme sont surtout visibles en avril et en mai.

Vanneau huppé

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Au printemps, les vanneaux effectuent leurs vols nuptiaux acrobatiques au-dessus des prairies ouvertes. Plus tard, de grands groupes peuvent se rassembler sur l’herbe courte.

Canard siffleur

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En hiver, de grands groupes de canards siffleurs se reposent sur les étangs et les larges fossés. Le soir, ils gagnent les prairies humides en sifflant pour y brouter.

Sarcelle d’hiver

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Les sarcelles d’hiver fréquentent les étangs peu profonds et les bordures calmes des fossés. Lorsqu’elles sont dérangées, ces petits canards s’envolent souvent en groupe compact.

Spatule blanche

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Les spatules balaient de leur bec les fossés et étangs peu profonds pour capturer de petits poissons, des insectes et d’autres animaux aquatiques.

Phragmite des joncs

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Le long des roselières et dans la végétation humide, le chant animé de la phragmite des joncs s’entend souvent avant que l’oiseau ne soit aperçu.

Butor étoilé

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Le butor étoilé reste généralement caché dans les grandes roselières. Au printemps, son cri nuptial grave peut porter très loin au-dessus du paysage.

Campagnol nordique

Toute l’année
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Le campagnol nordique vit caché dans les roselières humides, les berges couvertes de végétation et les prairies mouillées. Une observation directe est rare, mais ce paysage d’îlots constitue un habitat important.

Roselière à sphaignes

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Dans les anciennes zones de colonisation, roseaux et sphaignes poussent ensemble sur des tapis végétaux flottants. Les différences entre roseaux, laîches, fougères et plantes basses des marais sont surtout visibles au printemps et en été.

Fougères des marais et orchidées

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Dans les tourbières flottantes pauvres en nutriments et les roselières à sphaignes, des fougères et des orchidées peuvent pousser parmi les laîches et les mousses. Elles sont fragiles et généralement visibles uniquement depuis les chemins ou lors d’excursions.

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